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Article 15 jan, 2026

Congrès mondial de la nature 2025 de l'UICN: L'engagement méditerranéen

Le Congrès mondial de la nature 2025 de l'UICN a mis en évidence un engagement méditerranéen fort, ses membres influençant la politique et le leadership mondiaux. Les acteurs nord-africains se sont concentrés sur la transformation de la nouvelle vision de l'UICN en actions régionales.

Le Congrès mondial de la nature 2025 de l'UICN, qui s'est tenu à Abu Dhabi du 9 au 15 octobre, a marqué un tournant décisif pour la conservation mondiale. Premier congrès hybride de l'histoire, il a réuni plus de 10 000 participants de 189 pays, en présentiel et en ligne, autour de 1 000 événements visant à définir les priorités, adopter des politiques et prendre des engagements qui guideront la conservation de la nature dans les années à venir.

 

Nouvelle direction, voix méditerranéennes

L'Assemblée des membres a élu la direction de l'UICN pour le mandat 2025-2029. S.E. Razan Al Mubarak a été réélue présidente de l'UICN, aux côtés de nouveaux membres du Conseil et de la direction de la Commission.

Bien que la Méditerranée ne soit pas une région statutaire de l'UICN, une forte représentation méditerranéenne a émergé grâce aux conseillers élus dans trois régions de l'UICN : Afrique, Europe occidentale et Asie occidentale. Cinq conseillers de pays méditerranéens contribueront à la gouvernance de l'UICN, apportant une expertise diversifiée provenant d'Afrique du Nord, d'Europe du Sud et du Moyen- Orient.

 

Councillors from Mediterranean countries
IUCN

 

Le Congrès a également confirmé la création d'un nouveau comité national des membres de l'UICN en Albanie, tandis que le comité national égyptien avait été validé avant le Congrès, renforçant ainsi la coordination et l'engagement au niveau national.

 

Les motions façonnent la politique mondiale, avec une forte contribution méditerranéenne

Les motions restent l'un des outils les plus puissants de l'UICN, permettant aux membres d'influencer la politique mondiale et d'orienter le programme de l'Union. Au cours du Congrès, les membres ont adopté 144 motions, dont des décisions historiques sur l'écocide, la biologie synthétique, la géo-ingénierie, l'intelligence artificielle dans la conservation et le rôle central du leadership et des connaissances autochtones.

Les organisations méditerranéennes ont joué un rôle important dans ce processus en soumettant 51 motions. La France arrive en tête avec 38 propositions, suivie par l'Espagne (10), la Tunisie (2) et l'Albanie (1). Plusieurs motions ont mis en évidence les priorités méditerranéennes, telles que :

  • Motion 014Nature et agriculture : une motion présentée par la France, avec le soutien de l'Espagne, encourageait la plantation de haies pour améliorer la biodiversité et la connectivité écologique dans les paysages agricoles.

  • Motion 084Bioéconomie durable : une autre motion française appelait à promouvoir
    une bioéconomie circulaire et positive pour la nature.

  • Motion 060Diplomatie de la conservation : un membre tunisien a présenté une motion
    présentant la conservation de la nature comme un outil de dialogue dans les régions touchées par des conflits.

  • Motion 103Nature urbaine : la ville de Paris a présenté une motion exhortant
    une protection renforcée des forêts urbaines et périurbaines, conforme à la norme mondiale pour les solutions fondées sur la nature.

  • Motion 130Protection des zones humides : Une motion particulièrement remarquable a été présentée par l'Alliance méditerranéenne pour les zones humides, qui demande des mesures de protection renforcées pour les zones centrales des aires protégées contre tourisme non durable, en mettant en avant les développements récents en Albanie comme un avertissement mondial.

Ensemble, ces motions illustrent la manière dont les acteurs méditerranéens intègrent la conservation de l'agriculture, à la diplomatie, à la résilience urbaine et au développement durable.

 

D'une vision mondiale à une action régionale

Les membres ont adopté une nouvelle vision stratégique sur 20 ans et un programme quadriennal 2025-2029, fixant le cap jusqu'en 2030 et au-delà. La participation méditerranéenne au Congrès a été forte, soulignant le rôle actif de la région dans l'élaboration du programme mondial de conservation.

La participation des pays méditerranéens au Congrès de l'UICN a été forte, avec 207 organisations membres représentant 24 pays. Ce niveau d'engagement souligne le rôle actif de la région dans l'élaboration du programme mondial de conservation.

Afin d'étudier comment la Vision stratégique sur 20 ans et le Programme sur quatre ans récemment adoptés par l'UICN peuvent être traduits en actions, les membres des pays d'Afrique du Nord se sont réunis pour examiner comment la nouvelle Vision et le nouveau programme peuvent être traduits en en actions régionales concrètes, en alignant les priorités et en partageant les initiatives déjà en cours dans toute la région.

 

Le Pavillon africain et l'engagement méditerranéen

Le Centre de coopération pour la Méditerranée de l'UICN a joué un rôle actif dans le Pavillon africain, un espace dynamique de dialogue entre les gouvernements, la société civile, les scientifiques, les jeunes, le secteur privé et les bailleurs de fonds. Les représentants nord-africains ont été très visibles, mettant en avant les priorités régionales en matière de biodiversité, de résilience climatique et de développement durable.

Le personnel de l'UICN Med a contribué à l'organisation de plus de 25 événements. Au-delà du programme officiel, l'UICN Med a organisé l'exposition photographique « Mubadarat » présentant 20 portraits de femmes et de jeunes leaders qui œuvrent pour la conservation de la nature en Afrique du Nord. Les organisations soutenues et les membres de l'UICN ont joué le rôle d'ambassadeurs, partageant les histoires derrière les images et les expériences de leurs communautés.